Plateforme agréée pour la Facturation Électronique

La France veut moderniser la façon dont les entreprises échangent leurs factures et c’est là tout l’enjeu de la réforme de la facturation électronique. Mais la première échéance approchant, beaucoup d’entreprises s’interrogent encore sur leurs nouvelles obligations et surtout, sur les nouvelles solutions qui les accompagnent. Qu’est-ce qu’une plateforme agréée ? À quoi sert-elle ? Est-ce obligatoire ? Et surtout, comment la choisir ? Dans ce guide, on vous explique tout ce qu’il faut savoir !

Définition plateforme agréée pour la Facturation Électronique

Plateforme agréée (PA) : qu’est-ce que c’est exactement ?

Depuis que la réforme de la facturation électronique se concrétise, un terme revient souvent : celui de plateforme agréée (ou PA pour faire court). Si vous avez connu les PDP (plateformes de dématérialisation partenaires), c’est bien d’elles qu’il s’agit, mais dans une version mise à jour par le gouvernement.

Dans le nouveau schéma mis en place par l’administration fiscale, les PAs sont à présent les seules à pouvoir leur transmettre vos données de facturation. Ce sont les seuls intermédiaires habilités (immatriculés par l’État) et détenteurs d’un agrément. Pour l’obtenir, ces plateformes doivent d’ailleurs répondre à un cahier des charges précis qui s’établit autour de 3 grandes idées : sécurité, conformité et interopérabilité avec l’écosystème public.

Chaque PA est reliée à l’annuaire central du Portail Public de Facturation (PPF), qui fonctionne un peu comme un échangeur de flux : il permet aux PAs de s’identifier entre elles et de router les factures au bon destinataire. Par exemple, si vous envoyez une facture à un client qui utilise une autre PA que la vôtre, l’annuaire permet à votre plateforme de trouver la sienne et le document arrivera à bon port.

Toutes les PA doivent ainsi répondre à un socle minimal d’exigences :

  • Émettre, recevoir et transmettre des factures électroniques au format requis ;
  • Tracer les statuts des documents (dépôt, rejet, refus, encaissement, etc.) ;
  • Transmettre les données réglementaires à l’administration.

En complément, elles peuvent également proposer des services complémentaires comme de l'e-reporting élargi, des fonctions d’automatisation ou encore des tableaux de bord fiscaux (pour ne citer que ceux-là).

PA, PPF, OD : quelle différence ?

  • Le Portail Public de Facturation (PPF) a abandonné son rôle de plateforme gratuite d’émission de factures. Il agit désormais comme point de collecte et de redistribution des données, souvent qualifié de « centralisateur », « annuaire » ou « outil d’interconnexion ».
  • Les Plateformes de Dématérialisation Partenaires (PDP) sont devenues des Plateformes Agréées (PA), dotées d’une reconnaissance officielle par l’administration.

Les Opérateurs de Dématérialisation (OD) portent désormais le nom de Solutions Compatibles (SC). Elles remplissent les mêmes rôles qu’un PA, mais elles ne sont pas immatriculées auprès de l’administration fiscale.

L’importance de distinguer e-invoicing et e-reporting

Avant de rentrer dans le vif du sujet, nous tenons à bien faire la distinction entre deux notions :

  • L’e-invoicing, c’est l’émission et la réception de factures électroniques via une plateforme agréée (publique ou privée). Il concerne les échanges entre entreprises françaises assujetties à la TVA (B2B domestique).
  • L’e-reporting concerne toutes les transactions qui échappent à l’e-invoicing, par exemple les ventes à des particuliers (B2C), les transactions avec des clients étrangers ou encore certaines données issues des systèmes de caisse. Il représenterait aujourd’hui près d’un tiers des flux de vente des entreprises.

Dans le cas de l’e-reporting, il ne s’agit donc pas de transmettre la facture elle-même, mais les données fiscales liées à la vente (montant, TVA, nature de l’opération). Il faut alors respecter des délais précis, parfois plus contraignants que les déclarations de TVA classiques actuelles.

Ce sont donc bien deux notions différentes, et cette distinction n’est pas qu’une question de vocabulaire : elle peut réellement influencer le choix de votre Plateforme Agréée (PA). En effet, toutes les plateformes ne proposent pas forcément les deux fonctionnalités. Donc si votre entreprise réalise à la fois des ventes en B2B domestique et en B2C ou à l’export, vous devrez choisir une plateforme capable de gérer l’ensemble de vos flux !

Que permet concrètement une plateforme agréée (PA), anciennement PDP ?

Émettre et recevoir des factures électroniques

La première mission d’une PA est de gérer l’envoi et la réception de vos factures électroniques. Elle s’assure donc que vos factures respectent les formats exigés par la réglementation (Factur‑X, UBL, CII) et qu’elles sont correctement transmises à vos clients et fournisseurs. De votre côté, vous continuez à facturer comme avant, mais passez à présent par une PA pour le faire.

Transmettre les données à l’administration fiscale

Il faut savoir que la réforme impose également la transmission obligatoire de certaines données (montants HT/TTC, taux et montants de TVA, etc.) à l’administration fiscale. Ces données étant intégrées directement dans les nouveaux formats de facture, votre PA va les extraire et les acheminer jusqu’au PPF en 24h.

Suivre le cycle de vie des factures

Une fois la facture validée, la PA la transmet au bon destinataire (client ou administration) grâce à sa connexion à l’annuaire public : c’est ce qui lui permet d’identifier automatiquement la bonne plateforme de réception. C’est aussi cette interconnexion qui rend possible le suivi du cycle de vie de vos factures : vous pouvez savoir si une facture a été reçue, rejetée, acceptée, payée, etc.

Proposer des services d’automatisation

La réforme en elle-même vient avec une automatisation naturelle des processus de facturation (archivage sécurisé ISO27001, format Factur-X, etc.). Même une PA qui se contente du socle minimal d’obligations apportera donc son lot d’amélioration aux processus des entreprises. Mais certaines se démarquent toutefois en allant plus loin et en apportant plus de valeur ajoutée :

  • Suivi automatisé des statuts de vos factures ;
  • Catégorisation comptable intelligente des documents ;
  • Intégration fluide avec vos outils de gestion, de production comptable, etc. ;
  • Modules de paiement ou de rapprochement bancaire, tableaux de bord financiers, etc.
Guide 2026 : comment choisir sa plateforme agréée

Quelle est la liste des plateformes agréées ?

C’est une question très souvent posée et elle est tout à fait légitime : « D’accord pour la réforme, mais concrètement… quelles sont les plateformes agréées ? ». Il faut d’abord savoir une chose importante : la liste des plateformes agréées est officielle et encadrée par l’administration fiscale. Dext a d’ailleurs fait partie des 8 premières PA immatriculées par l'État !

Pour être reconnue comme PA, une plateforme doit passer par un processus d’immatriculation strict auprès de la DGFiP. La liste n’est donc pas figée : elle évolue régulièrement, au fur et à mesure que de nouveaux acteurs obtiennent leur agrément ou que certains ajustent leur statut. Référez-vous toujours à la liste officielle publiée par l’administration, et non à des listes trouvées au hasard sur Internet.

PA et facturation électronique : 4 critères pour choisir le bon prestataire

1. L’alignement avec votre cabinet d’expertise comptable

Votre cabinet comptable reste votre premier point de repère pour choisir une PA. C’est lui qui va souvent piloter (et accompagner) le déploiement de la solution. Faites-lui confiance :

  • Soit pour vous conseiller une PA compatible avec ses propres systèmes (portail collaboratif, logiciel de production, gestion des flux, etc.) ;
  • Soit pour vous proposer un accès anticipé à une PA précise, qui est directement intégrée à leur offre de services.

2. Votre écosystème d’outils actuel

Une des solutions logicielles que vous utilisez (logiciel comptable, de facturation, ERP, etc.), va-t-elle devenir une PA ? Si oui, alors la vraie question devient : suis-je satisfait de ma solution actuelle ? De nouveau, si la réponse est oui, inutile de tout bouleverser : vous pouvez rester sur votre environnement habituel. Mais si la réponse est non, alors c’est sûrement le moment idéal pour changer d’outil puisque la mise en conformité sera de toute façon obligatoire.

Bon à savoir : Si votre solution actuelle ne devient pas PA, vous avez 2 options :

  1. Elle propose un connecteur avec une PA, ce qui peut suffire si l’usage reste fluide ;
  2. Vous devrez changer d’outil ou ajouter une brique complémentaire, au risque de complexifier vos flux.

3. L’ergonomie

Oublions pour un instant les services additionnels ou les fonctionnalités avancées : le plus important, c’est ce que vous utilisez au quotidien. Tout doit être simple et surtout compréhensible par tous les membres de votre équipe.

Une bonne plateforme agréée, c’est :

  • Une interface claire et facile à prendre en main ;
  • Une navigation intuitive, même pour des profils non comptables ;
  • Des tableaux de bord financiers lisibles et mis à jour en temps réel ;
  • Une application mobile fiable pour consulter ou valider une facture en déplacement.

Prenez donc bien le temps de tester plusieurs plateformes : la plupart proposent des démos ou des essais gratuits.

4. Vos cas d’usage spécifiques

Chaque organisation a ses propres flux : vous gérez beaucoup de notes de frais, de ventes à l’étranger, de ventes en B2C ou encore des tickets de caisse ? Ce sont autant de cas qui relèvent du e-reporting, et comme mentionné plus haut dans ce guide, toutes les PAs ne les gèrent pas aussi bien.

Vous devrez alors probablement choisir une PA avec des fonctionnalités avancées : catégorisation des écritures comptables, traitement des données de caisse ou de frais ou encore intégration avec votre outil bancaire. C’est ce qu’on appelle une PA « hybride », c’est-à-dire capable de couvrir à la fois l’e-invoicing et l’e-reporting.

Guide 2026 : comment choisir sa plateforme agréée

Plateforme agréée et logiciel de facturation

Faut-il changer de logiciel de facturation ? Non, pas si votre logiciel de facturation électronique est compatible avec la réforme ! Par exemple, si vous utilisez déjà Dext, nous sommes une plateforme agréée immatriculée. Et au-delà des enjeux de conformité, Dext automatise toute une partie de votre gestion comptable :

  • Catégorisation intelligente des données comptables et financières ;
  • Recherche avancée de documents dans vos archives ;
  • Stockage en ligne sécurisé de vos documents ;
  • Calcul automatique des indemnités kilométriques ;
  • Conversion des factures non conformes en Factur-X.

Et si vous utilisez déjà un logiciel comptable ? Pas de souci : Dext s’intègre avec la plupart des outils du marché (Cegid, Sage, ACD, Fulll, Agiris ou encore Quadra, pour ne citer qu’eux). Et vous pouvez bien sûr travailler main dans la main avec votre expert-comptable !

Notre valeur ajoutée pour les cabinets d’expertise comptable

Avec l’arrivée de la réforme, certaines missions vont évoluer, mais pas disparaître. En effet, la facturation électronique ne couvrira qu’une partie des échanges économiques. Sur les 22 milliards de documents échangés chaque année en France, seuls 2 milliards relèveront réellement du circuit de facturation électronique imposé par l’administration.

Dans notre base actuelle, 34 % des factures reçues ne seront pas concernées par la réforme. Il s’agit notamment :

  • Des documents hors champ (tickets, notes de frais, péages, hôtels et restauration) ;
  • Des transactions avec des non assujettis à la TVA (B2C ou associations) ;
  • Des fournisseurs à l’export (situés hors de l’Union européenne) ;
  • Des émetteurs intra-communautaires (situés dans l’UE).

Autrement dit, même après 2027, les cabinets auront toujours besoin d’un outil capable de collecter, classer, saisir, affecter et restituer l’ensemble de ces pièces comptables, qu’elles soient ou non électroniques ! Et Dext est là pour répondre à ce besoin, en complément de la gestion de la facturation électronique (e-invoicing).

Et si je ne choisis pas de plateforme agréée (PA) ?

Choisir une PA n’est pas une option

Contrairement aux premières versions de la réforme, il n’est aujourd’hui plus possible de s’en tenir au seul Portail Public de Facturation. Les plateformes agréées sont les seules habilitées à dialoguer avec le PPF : vous devez donc impérativement passer par une PA pour respecter vos obligations.

Les risques en cas de non‑conformité ou de retard

Selon les dernières évolutions du Projet de loi de finances 2026 sur la réforme fiscale, les entreprises qui ne sont pas prêtes à recevoir des factures électroniques pourraient s’exposer à :

  • 500 € d’amende dès la première mise en demeure (amende renouvelable chaque trimestre tant que la situation n’est pas régularisée) ;
  • 1 000 € si l’entreprise reste non conforme après cette mise en demeure.

De plus, si vous continuez à émettre des factures au mauvais format après la date d’entrée en vigueur de la réforme, vous risquez 15 € d’amende par facture non émise dans un format électronique conforme, avec un plafond fixé à 15 000 € par an.

En e-reporting, l’amende prévue en cas de transmission incomplète, incorrecte ou manquante est de 250 € par anomalie, toujours avec un plafond de 15 000 € par année civile.

Guide 2026 : comment choisir sa plateforme agréée

Questions fréquentes

Plateforme agréée pour la facturation électronique