Vous pensez tout savoir de ce qu’exige l’administration fiscale en matière d’e-reporting ? Le second volet de la réforme de la facturation électronique peut comporter des chausse-trapes qu’il vaut mieux anticiper. Nous avons choisi de nous concentrer dans cet article sur l’e-reporting et les données à transmettre, point par point. En effet, l’obligation ne consiste pas à déposer un seul fichier agrégé des informations requises. Qu’il s’agisse des données de transaction ou des données de paiement, vous devez suivre les instructions pas à pas, avec une granularité qui varie selon les cas.
Dans notre article précédent, nous avons repris les préconisations et bonnes pratiques en matière d’e-reporting, comme les ont détaillées les instances nationales lors des Journées de la Facture Électronique de mai 2026. Il explique que l’e-reporting comporte en réalité 5 sous-reportings de données à transmettre et avec 3 fichiers distincts.
Si une entreprise dispose de plusieurs plateformes agréées (PA), elle peut reporter les informations requises par PA. En effet, l’obligation spécifie la transmission de l’e-reporting par SIREN et par PA. Dans ce cas, c’est le portail public de facturation qui réalise l’agrégation des différents fichiers des plateformes.
Votre cabinet d’expertise comptable intervient auprès de PME aux flux financiers variés, en France comme à l’international ? Mieux vaut réfléchir avec elles de façon anticipée, afin de mettre en place une architecture adaptée à la conception de l’e-reporting, en fonction de chaque catégorie de données à transmettre.
Entrent dans cette catégorie les flux de vente avec des clients particuliers en France ainsi qu’avec des entreprises non assujetties à la TVA française (comme la plupart des associations). Voici les éléments à intégrer au e-reporting pour le B2C :
Notez que l’administration fiscale a accepté de supprimer le nombre de transactions qui était demandé initialement. Ceci aurait pu s’avérer compliqué pour des tickets mixtes de biens et de services. Cet allègement réglementaire fera partie du décret prévu pour juin 2026, tout comme les autres simplifications prévues.
Pensez à accompagner les entreprises dans la gestion des informations pour des ventes par caisse enregistreuse. Aidez chaque client dans la mise en place d’un logiciel de caisse certifié. Vérifiez qu’il est apte à générer automatiquement les informations de l’e-reporting (notamment au niveau du ticket Z).
Les entreprises qui réalisent des livraisons intracommunautaires ou des exportations n’ont pas l’obligation fiscale d’établir leurs factures au format électronique. Aussi, la DGFiP exige une remontée des informations, afin de compléter les données reçues au niveau de l’e-invoicing. Notez qu’avec le projet VIDA, en 2030, les ventes intracommunautaires devront également faire l’objet de factures électroniques.
Pour l’e-reporting demandé en 2026 ou en 2027, en fonction du calendrier, les entreprises doivent transmettre ceci à la DGFiP :
Rappelons que vous pouvez aussi envisager l’émission de factures électroniques pour ce type de transaction. Dans ce cas, ces flux sont à exclure de l’e-invoicing par la plateforme agréée d'émission. Ce choix d’organisation à développer dans les outils informatiques peut faciliter grandement l’extraction des informations. En effet, un tel fichier XML comporte toutes les données nécessaires pour la préparation de l’e-reporting.
Souvent, cet aspect est omis, quand vous entendez parler de l’e-reporting. Rappelons que l’objectif de cette déclaration périodique obligatoire consiste à compléter la connaissance de la DGFiP en matière d’activité économique. En toile de fond, la déclaration de TVA pré-remplie reste un but à atteindre pour 2029 ou 2030.
Aussi, les données à transmettre dans l’e-reporting concernent également les flux d’achat hors France, et plus exactement :
Sont exclues de la déclaration e-reporting, en revanche, les importations de biens, car l’administration fiscale en a connaissance via la Douane.
Voici ce que vos clients devront donc déclarer précisément :
Prenez garde aux opérations réalisées sur des places de marché : vérifiez bien la provenance du bien et qui est réellement le fournisseur.
Le reporting se complète par les informations liées aux dates de paiement des factures, lorsque la TVA est exigible à l'encaissement. La logique reste toujours la même : apporter toutes les données nécessaires pour le pré-remplissage de la déclaration de TVA d’ici quelques années.
Les entreprises doivent porter les informations suivantes dans le fichier spécial des données de paiement :
Évidemment, l’administration fiscale a besoin aussi de connaître les dates de paiement des factures émises pour des clients professionnels assujettis à la TVA française, soit le B2B. Or, la gestion de ces informations se pilote sur le plan déclaratif par les statuts des factures.
En effet, pour les cas où la TVA est due à l’encaissement, le statut « encaissé » est obligatoire. Donc, la plateforme agréée pilote l’envoi de cette information au portail public de facturation à travers l’e-reporting. Elle ne doit donc pas figurer dans l’e-reporting, comme l’ont rappelé les instances nationales lors des JFE des 5 et 6 mai 2026.
Nous reprenons ici les informations gouvernementales en matière de transmission de l’e-reporting : quelle périodicité pour quel type de données (transaction ou paiement) et en fonction de quel régime TVA de l’entreprise ?
Comme pour toutes les étapes du projet facturation électronique, Dext répond présent auprès des experts-comptables français. Notamment, la phase pilote à laquelle nous participons depuis février 2026 constitue un formidable terrain de jeu pour réaliser en situation réelle toutes les opérations prévues par la RFE. Vous pouvez ainsi tester notamment la transmission des fichiers e-reporting.
Les deux processus correspondent à des exigences fiscales. L’établissement des différents fichiers e-reporting exigés dans le cadre de la réforme de la facturation électronique en France ne vient pas supprimer l’obligation déclarative liée à la TVA. L’e-reporting des données de transaction ou de paiement contribuera, à terme, au pré-remplissage des déclarations de TVA par la DGFiP.
Pour autant, la responsabilité de la déclaration de TVA est maintenue au niveau de chaque entreprise assujettie et redevable de la taxe. Il conviendra, quand ce processus sera mis en place, vers 2029 ou 2030, de contrôler la déclaration préremplie et de la modifier ou de la compléter, si nécessaire.
Potentiellement, toutes les entreprises françaises établies en France et assujetties à la TVA doivent préparer ou faire préparer l’e-reporting par leur solution compatible ou leur plateforme agréée. Il suffit de réaliser une des opérations prévues dans les données à transmettre pour devoir se soumettre à cette nouvelle obligation fiscale :
Par ailleurs, la réforme concerne aussi les entreprises étrangères sans établissement stable en France, mais redevables dans certains cas de la TVA française. Elles doivent alors émettre un e-reporting, mais jamais d’e-invoicing.
Ces deux termes correspondent aux deux grands volets de la réforme française de la facturation électronique. L’e-invoicing signifie la transmission à l’administration fiscale de données extraites des factures électroniques pour les ventes en B2B en France.
L’e-reporting désigne l’envoi des autres informations exigées par la DGFiP et nécessaires à sa bonne connaissance de l’activité économique des entreprises. Ces données, de transaction comme de paiement, lui permettront ainsi de compléter l’e-invoicing afin de mettre en place la déclaration de TVA pré-remplie.
Distinguons facturation électronique, au sens de la réforme qui porte ce nom, et facture électronique, soit la facture dématérialisée obligatoire. Quand il s’agit de la réforme, seuls les non-assujettis à la TVA française en sont exonérés. C'est le cas des particuliers (à l'exception des LMNP), ainsi que la plupart des associations.
En revanche, la réforme impacte les SCI, comme les professions médicales, par exemple, bien que parfois leur activité soit exonérée de la taxe. Il en va de même pour les micro-entreprises sous le régime de la franchise en base. En effet, tous ces professionnels n’en demeurent pas moins assujettis.