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Facturation électronique : des éléments pour alimenter la réflexion stratégique du cabinet

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Le report de calendrier du 1er janvier 2023 au 1er juillet 2024 a pu faire douter les cabinets qui avaient prévu de s’engager rapidement dans ce mouvement. Pourtant, des actions immédiates peuvent être prises pour anticiper les échéances à venir et bénéficier dès aujourd’hui des avantages de la dématérialisation des flux.
Quelle stratégie adopter en tant qu’expert-comptable, dirigeant ou associé de cabinet ? Quels sont les enjeux de la facture électronique ?

La facturation électronique n’est pas un défi technique

Tout d’abord, il est important de rappeler que la facturation électronique ne doit pas être abordée par l’angle technique au sein du cabinet. La complexité doit en effet être gérée par les éditeurs, et non par les utilisateurs finaux que sont les experts-comptables et leurs collaborateurs. C’est cette logique qui prévaut aujourd’hui chez Dext, et qui continuera à s’appliquer au moment de la généralisation de la facture électronique. Nous sommes à votre service, pas l’inverse.

Sur le plan technique, rappelons simplement que cette réforme implique deux choses : un nouveau format de facture, lisible à la fois par la machine et l’être humain, et une nouvelle méthode d’acheminement, via des plateformes de factures électroniques, privées ou publique.  Mais le principal défi auquel doivent faire face les cabinets en matière de facturation électronique est plutôt d’ordre organisationnel, voire psychologique. La profession fait face à un bouleversement profond, qui implique une vraie stratégie de gestion du changement. Alors concrètement, quelles vont être les premières conséquences de cette réforme sur votre cabinet ?

Des gains de productivités certains, mais pas forcément immédiats

C’est incontestable, la facturation électronique génèrera des gains de productivité importants, à la fois pour le cabinet et pour ses clients. Toutes les étapes du cycle de vie de la facture seront fluidifiées, depuis la génération de la pièce jusqu’au paiement, en passant par sa transmission et sa conservation. 

Toutefois, les cabinets ne vont probablement pas gagner beaucoup en productivité au début de la réforme, en 2024 ou 2025. Car dans un premier temps, les flux de factures électroniques vont simplement s’ajouter aux flux existants, sans les remplacer. 

Qu’en sera-t-il après 2026 ? Répétons-le, la facturation électronique va entraîner des gains de productivité massifs. Mais il serait utopique de penser que 100% des flux transiteront par ce moyen : certaines entreprises (entreprises étrangères en particulier) et certaines opérations (B2C notamment) ne sont pas assujetties à la réforme de la facturation électronique. A titre indicatif, on estime à environ 20 milliards le nombre de transactions B2C qui resteront en 2026 hors du champ de la facturation électronique (sur un total d’environ 22 milliards de transactions, B2C et B2B, aujourd’hui).  Les flux « classiques », mail ou papier, ne disparaîtront donc pas totalement, et il faudra donc gérer pendant assez longtemps des flux hybrides, comme c’est le cas aujourd’hui. Attendre 2026 pour basculer dans un monde zéro papier serait donc une erreur stratégique, d’autant qu’en réorganisant dès aujourd’hui le cabinet, on ouvre un nouveau champ de missions.

De nouvelles missions en perspective

L’automatisation de certaines tâches du collaborateur comptable va mécaniquement dégager du temps à vos équipes. Il est donc urgent de s’interroger sur la réallocation de ce temps collaborateur, ainsi que sur la stratégie globale du cabinet : quel sera votre modèle de revenus lorsque la tenue comptable, facturation électronique ou non, sera automatisée ?

C’est une question vitale, car elle doit intégrer la réalité du cabinet et de ses compétences : tous les opérateurs de saisie ne se transformeront pas en spécialistes du conseil et tous les clients n’ont pas la capacité financière pour souscrire à ce type de prestations. C’est donc une palette plus large de missions qui doit être envisagée, pour répondre à tous les besoins et s’appuyer sur toutes les compétences :

  • accompagnement administratif : récupération des pièces, assistance à l’organisation, domiciliation, etc.
  • accompagnement financier : relance des clients, paiement des fournisseurs, suivi de trésorerie,…
  • assistance au pilotage de l’entreprise ;
  • et bien sûr conseil à haute valeur ajoutée. 

La dématérialisation des flux permet au cabinet de disposer de données en temps réel, et donc d’accompagner le dirigeant au plus proche de ses préoccupations quotidiennes. C’est donc une formidable opportunité. Mais cette réforme comporte aussi un risque majeur.

Un risque : masquer les autres enjeux

Cela peut sembler paradoxal, mais le plus gros risque est de vouloir raccrocher à la facturation électronique tous les enjeux de la profession. L’enjeu de dématérialisation de votre cabinet dépasse de loin celui de la facture électronique, et le calendrier de transformation de votre chaîne de production ne peut pas attendre 2024 ou 2026. Pourquoi cela ?

Tout simplement parce que de nombreux autres facteurs vont accroître la pression sur les cabinets, et ce bien avant 2024 ou 2026. Des solutions en ligne s’adressent directement aux entreprises, remettant frontalement en cause la place de l’expert-comptable. Les banques occupent une part croissante sur le marché de l’accompagnement en gestion et de la pré-comptabilité. Des cabinets d’expertise comptable, enfin, totalement organisés autour des nouvelles technologies, prennent de l’avance sur le reste de la profession. Attendre 2024 ou 2026 pour se transformer, c’est donc prendre un risque majeur.

Une nécessité : anticiper

Dans ces conditions, que faut-il faire ? Se former et s’informer d’abord, pour s’approprier les enjeux du numérique et définir une stratégie pour le cabinet. Puis anticiper les avantages de la facturation électronique à terme en mettant en place aujourd’hui des processus totalement dématérialisés. Et pour cela, nous sommes à vos côtés ! Nos équipes sont là pour vous aider à gérer ce changement, à identifier les collaborateurs sur qui vous pourrez vous appuyer, et à mettre en place une chaîne de production adaptée à vos besoins.