Collaborateurs comptables : devez-vous craindre la généralisation de la facture électronique ?

La généralisation de la facture électronique aura incontestablement des conséquences majeures sur les cabinets d’expertise comptable et leurs modes d’organisation. Si vous êtes collaborateur comptable en cabinet, vous devez probablement avoir de nombreuses interrogations à ce sujet : faut-il craindre cette prochaine évolution ? Comment s’y préparer ? Comment l’évoquer avec vos clients, ou avec les associés de votre cabinet ? Devez-vous vous attendre à un changement de métier ?

En quelques mots, notre conviction est que la généralisation de la facture électronique est une formidable opportunité pour la  profession bien sûr, mais aussi pour vous, à titre individuel. Bien préparée, l’automatisation généralisée de la tenue comptable peut même se transformer en opportunité de carrière, « augmentant » votre métier avec des tâches plus gratifiantes et apportant plus de valeur ajoutée aux clients. Alors, comment faire ?

Un changement à gérer comme tel, notamment avec ses clients

La meilleure façon de se préparer à la généralisation de la facturation électronique est d’anticiper ses effets. Comment cela ? En basculant dès aujourd’hui vos dossiers dans un mode de production zéro papier, zéro saisie. Votre organisation et vos modes de production seront ainsi 100% compatibles avec les flux de factures électroniques. Les échéances de 2024 à 2026 seront alors totalement indolores pour vous et vos clients. 

Comment mener ce mouvement et convaincre vos clients de basculer dans la dématérialisation totale ? Voici quelques conseils simples :

  • commencez à petite échelle, en choisissant les clients qui présentent une certaine appétence pour les nouvelles technologies ;
  • préparez votre présentation, sans axer votre discours sur le temps passé, la productivité, ou la comptabilité, mais plutôt sur la valeur ajoutée, l’expérience utilisateur, et l’accompagnement ;
  • dès que vous obtenez des résultats probants, communiquez sur ces premiers succès auprès d’autres clients, qui seront davantage enclins à suivre le mouvement ;
  • ne vous laissez pas décourager si votre entourage professionnel « ne croit pas » à cette nouvelle façon de travailler : c’est un changement profond, et il est normal qu’il y ait une certaine résistance au changement.

Pour en savoir plus, voir notre article « Collaborateurs, comment conduire le changement en cabinet ? ».

De nouvelles offres…

La généralisation de la facture électronique va fondamentalement permettre deux choses : gagner du temps sur les missions de base, et disposer de données en temps réel sur les clients du cabinet. 

De nombreuses missions vont ainsi devenir plus accessibles… à condition d’y réfléchir dès maintenant. N’attendez donc pas les conclusions de la réflexion stratégique du cabinet pour proposer de nouvelles choses ! Vous êtes au contact de vos clients, et connaissez mieux que personne leurs besoins. Réfléchissez aux services qui pourraient les intéresser, à vos compétences, vos envies, aux formations nécessaires… bref, anticipez le temps que vous gagnerez avec l’automatisation et la facture électronique, et formulez des propositions. 

Pour vous aider, vous pouvez vous inspirer des 12 nouvelles offres de service que nous avons publiées récemment. Ces fiches vous permettent d’identifier le contexte de chacune des missions, les priorités d’actions et la méthodologie à mettre en œuvre pour les réaliser ainsi que les facteurs clés de succès pour chacune des gammes, les écueils à éviter et par les témoignages de nos confrères les enseignements à tirer.

… et de nouveaux métiers en perspective

On l’a dit, les collaborateurs vont mécaniquement gagner du temps sur la collecte des pièces et la tenue comptable. Mais que faire de ce temps gagné ? La dernière étude du think tank les Moulins (« Quels métiers demain ? »), apporter une réponse :

 « Il faut donc inventer les postes de demain qui soient compatibles avec le territoire des robots : gestion des flux entrants, conformité des données, technique métier (juridique, fiscal, social…), accompagnement, relation client, management, etc. Certains parlent même de collaborateurs ou d’experts-comptables augmentés, qui, grâce à une meilleure exploitation des données de leurs clients, pourront les conseiller et les accompagner plus en profondeur sur un grand nombre de leurs problématiques quotidiennes ».

L’automatisation apportée par la facturation électronique va en effet permettre aux collaborateurs de passer plus de temps au service de vos clients, apportant ainsi davantage de valeur ajoutée. Mais comment concrètement ? Toujours selon l’étude des Moulins, parmi les métiers qui devraient émerger dans les années à venir on trouve par exemple : 

  • le copilote, qui accompagne le dirigeant d’entreprise dans toutes les dimensions de la gestion et du pilotage de l’entreprise ;
  • l’assistant administratif, qui répond à un besoin très fort des dirigeants : libérer du temps pour se concentrer sur leur coeur de métier
  • l’expert-conseil, doté d’une spécialité technique, qui répondra à des besoins plus ponctuels ;
  • le data controller, qui vérifie l’exhaustivité et la fiabilité des flux intégrés en comptabilité ;
  • le référent digital du cabinet, chargé d’animer la stratégie numérique du cabinet.

Dans les plus petits cabinets, il ne s’agira sans doute pas de changer complètement de métier, mais plutôt de remplacer des tâches de saisie et de pointage par de nouvelles tâches issues de ces métiers

Pour en savoir plus, voir notre article « Collaborateurs : découvrez quels sont les métiers de demain qui vous correspondent le mieux ».

En résumé, il n’y aucune raison de craindre l’arrivée de la facturation électronique du moment que ce changement est anticipé, et non subi. Saisissez cette opportunité et parlez-en au sein du cabinet !